J'avais prévu de passer " Le Pianiste" de Roman Polanski aux 3B, nous avons donc fermé les volets roulants peu après 10h30. Quelques flocons dansaient mollement, rien de bien inquiétant. Lorsqu'à 12h30 la sonnerie a indiqué la fin des cours de la matinée, nous avons rouvert les volets et découvert la blancheur ouatée, abondante et moelleuse qui en un rien de temps avait déjà tout nappé dehors.
Imaginez l'excitation des gamins qui se sont rués dans la cour ... D'habitude, le jeudi, je ne déjeune pas au collège puisque c'est mon seul après midi sans cours, je rentre chez moi. Là, je me suis dégonflée : de toue façon, j'avais déjà prévu d'aller chercher Emma à l'école, pressentant que les transports scolaires seraient suspendus. J'avais bien guetté le car du matin, qui est passé normalement, mais l'expérience m'a appris à me méfier ... Les décisions sont prises lentement dans le Berry. En plus, j'avais appris à mon arrivée que nous devions rencontrer, dans l'après-midi, des intervenants de la mairie pour le Printemps des Poètes, manifestation à laquelle nous nous associons. Deux bonnes raisons pour ne pas bouger du collège. Seule inquiétude : le pot de Noël de l'amicale du collège était programmé pour ce soir , serait-il maintenu ?
La pause méridienne - comme on dit dans le jargon "éducation nationale" - a été très animée ; on aurait pu supposer que les élèves se calmeraient après avoir déjeuné. Visiblement ce fut l'inverse. Tous attendaient la NOUVELLE qui les délivrerait des cours de l'après midi. Elle fut enfin affichée : les transports scolaires ramenaient les élèves à partir de 14h ... C' était la touche finale qui manquait pour l'apothéose. Comment tenir alors ces gamins ? Le comble de la bêtise a été atteint par un peu frileux 3B qui s'est permis de baisser son pantalon pour montrer aux élèves en classe de SVT au rez-de-chaussée son postérieur !
La sonnerie de 14h a rassemblé laborieusement les classes... mais c'était pas gérable. Alors les profs - comme moi - qui n'avions pourtant pas cours, avons pris chacun en charge une classe qui se trouvait sans professeur ( compte-tenu des nombreux collègues malades ), histoire de soulager les études saturées.
Quand au bout de 20 mn, on est venu chercher les premiers élèves qui prenaient le car ... on a senti que la pression redescendait un peu. Le nez collé à la fenêtre, nous avons regardé les cars démarrer. Comme dans " Titanic" quand les premières chaloupes s'éloignent ...
Et pendant ce temps, la neige continuait à tomber .
Finalement, la décision de reporter le pot à demain midi a été prise. Je suis partie chercher Emma, je suis passée chez la fleuriste acheter une plante pour une de nos collègues qui s'en va, passée à la boulangerie demander qu'on nous garde les petits fours commandés pour demain.
Et tranquillement, sans me presser, mais sans paniquer le moins du monde, je suis rentrée à la maison en roulant sur nos routes de campagne enneigées.
Ce soir ... je suis un peu fatiguée . :)
Mais demain j'affronterai encore la neige : on aura encore une drôle de journée, je crois !

